Le Manifeste pour une société plus juste est le document de référence du projet.
Il développe, sur plusieurs centaines de pages, une proposition complète d’organisation de la société fondée sur un principe central : la dignité humaine ne doit dépendre ni de la richesse, ni du statut, ni de la rentabilité économique d’une personne.
À partir de ce point de départ, le manifeste examine les principales dimensions de la vie collective : institutions, économie, travail, propriété, justice, éducation, santé, information, écologie, numérique, recherche, relations internationales ou encore défense.
Il ne s’agit ni d’un programme électoral, ni d’un catalogue de mesures isolées. Ce texte cherche plutôt à construire une architecture cohérente, dans laquelle chaque proposition découle autant que possible des mêmes principes fondamentaux.
Ce manifeste assume aussi ses limites : il ne prétend pas résoudre seul toutes les questions de faisabilité ou de transition. Il propose un modèle à comprendre, à discuter, à critiquer et à mettre à l’épreuve.
Son objectif n’est pas d’imposer une réponse, mais de rendre pensable une autre organisation de la société.
À l’origine, ce manifeste est né d’une réflexion personnelle : mettre en ordre des convictions, des intuitions et des interrogations accumulées au fil du temps sur la manière dont notre société organise la dignité, le travail, la richesse et le pouvoir.
Son ambition n’était donc pas, au départ, de devenir un programme politique ou de prétendre apporter une réponse définitive aux problèmes contemporains.
Mais à mesure que ce projet prenait forme, une autre ambition est apparue : faire de cette réflexion une proposition suffisamment construite pour pouvoir être confrontée à d’autres regards.
Ce manifeste cherche ainsi à sortir du simple exercice intellectuel individuel. Il souhaite ouvrir une discussion avec celles et ceux qui peuvent en tester les hypothèses, en relever les faiblesses, en enrichir les mécanismes ou en contester les principes.
L’ambition de son auteur n’est donc pas de demander qu’on adhère à l’ensemble du modèle, mais de faire en sorte qu’il puisse être pris au sérieux, discuté et mis à l’épreuve.
Si certaines idées résistent à la contradiction, alors elles méritent peut-être d’aller plus loin.
Ce manifeste est construit comme un ensemble progressif.
Il commence par poser les principes fondamentaux du projet, puis en examine les conséquences sur les grandes dimensions de la vie collective : institutions, économie, travail, justice, vie sociale, écologie et relations avec le reste du monde.
Chaque partie développe plusieurs articles consacrés à une question précise. Elle se termine par des références sur des faits historiques, des études scientifiques, ou des essais littéraires.
Chaque grand chapitre se termine enfin par une synthèse permettant d’en retrouver rapidement les idées essentielles.
L’ensemble a été conçu pour pouvoir être lu de deux façons : de manière continue, afin de suivre la cohérence globale du modèle, ou par thème, pour approfondir directement une question particulière.
Ce manifeste ne juxtapose donc pas des propositions indépendantes : il cherche à montrer comment elles s’articulent dans un même système.
Ce premier chapitre pose le socle philosophique et politique de l’ensemble du manifeste. Tout ce qui vient ensuite en découle.
Il affirme d’abord que la dignité humaine ne se mérite pas : elle devrait être garantie à chaque personne, indépendamment de son revenu, de son statut ou de sa capacité à produire. Il distingue ensuite l’égalité de l’uniformité : les différences entre les individus peuvent exister, mais elles ne devraient pas devenir des hiérarchies de valeur ou de condition.
Le chapitre définit également un contrat social fondé sur un équilibre clair : des droits fondamentaux inconditionnels, associés à une contribution attendue de chaque personne selon ses capacités réelles.
Enfin, il pose les principes constitutionnels destinés à protéger durablement ce socle contre les intérêts du moment, les majorités changeantes et les concentrations de pouvoir.
Avant de décider comment organiser la société, ce manifeste commence donc par définir ce qu’elle ne devrait jamais accepter de sacrifier.
Ce deuxième chapitre s’intéresse à une question centrale : comment organiser le pouvoir sans qu’il finisse par échapper à celles et ceux au nom desquels il s’exerce ?
Ce manifeste propose une démocratie plus continue, dans laquelle chaque personne pourrait participer directement à certaines décisions ou déléguer temporairement sa voix, avec la possibilité de reprendre cette délégation. La représentation politique deviendrait ainsi un service temporaire plutôt qu’une carrière, tandis que le gouvernement conserverait principalement une fonction d’exécution et de coordination.
Ce chapitre donne également à la Constitution un rôle de protection particulièrement fort : certaines règles fondamentales devraient rester à l’abri des majorités de circonstance et des concentrations de pouvoir.
Enfin, il définit la place de la science et de l’expertise : éclairer les décisions collectives sans jamais se substituer à la souveraineté démocratique.
Le pouvoir devrait pouvoir circuler, être contrôlé et rester révocable. Il ne devrait jamais devenir la propriété de celles et ceux qui l’exercent.
Ce troisième chapitre examine la manière dont une société fondée sur la dignité pourrait produire, répartir et organiser les ressources sans faire du revenu ou de la propriété les principaux instruments de hiérarchie sociale.
Il propose notamment un revenu unique de contribution, dissocié du prestige des métiers ou de la rareté des compétences, tandis que les contraintes particulières seraient reconnues autrement, par le temps, les conditions de travail, la rotation ou la formation.
Ce chapitre prévoit aussi de sortir les besoins fondamentaux du marché, afin que le logement, l’alimentation, les soins, l’éducation, l’énergie ou encore l’accès numérique ne dépendent plus principalement de la capacité à payer.
Il remet enfin en cause la propriété productive privée des grandes structures et imagine une économie où les moyens de production appartiendraient au commun, tout en conservant une autonomie opérationnelle. La monnaie, le travail, les parcours professionnels et la retraite seraient également repensés dans cette logique.
L’économie n’y serait plus conçue comme un système chargé de classer les personnes, mais comme un outil destiné à répondre aux besoins et à faire vivre le commun.
Ce quatrième chapitre s’interroge sur la manière de protéger la société sans réduire la justice à la seule punition.
Ce manifeste propose de déplacer le centre de gravité du système judiciaire vers la réparation, la prévention et la réinsertion lorsque celles-ci seraient possibles. La question ne serait plus seulement de savoir quelle peine infliger, mais aussi quel dommage aurait été causé, comment protéger la victime, comment éviter la récidive et comment permettre un retour dans la société.
Cette approche ne nie pas l’existence de comportements dangereux. Certaines personnes pourraient devoir être éloignées ou contraintes pour protéger les autres. Mais l’enfermement ne devrait pas devenir la norme ou un instrument de vengeance.
Ce chapitre aborde également le droit à l’imperfection : une personne devrait pouvoir échouer, se tromper, changer de trajectoire ou traverser une période de fragilité sans être définitivement définie par cet épisode.
Il repense enfin le rôle de la police comme fonction de protection du commun, avec une attention particulière portée au contrôle du pouvoir qu’elle exerce.
Une justice plus juste ne renoncerait pas à protéger. Elle chercherait à le faire sans renoncer à la possibilité de réparer, de comprendre et, lorsque cela reste possible, de reconstruire.
Ce cinquième chapitre s’intéresse à ce que signifie vivre dignement au-delà des seules conditions matérielles d’existence.
Ce manifeste y aborde les grandes étapes et dimensions de la vie humaine : la famille, l’éducation, le handicap, la vieillesse, la fin de vie, les loisirs, la liberté de conscience, la culture, le sport, la création et l’accès à une information de qualité.
Le fil conducteur est celui de l’autonomie de la personne. La société devrait protéger, accompagner et soutenir sans enfermer les individus dans une identité, une dépendance ou un rôle imposé.
Ce chapitre insiste également sur l’adaptation du cadre collectif aux situations particulières. Le handicap ne devrait pas être traité seulement comme une difficulté individuelle, la vieillesse ne devrait pas conduire à l’effacement social, et la fin de vie devrait autant que possible respecter les choix exprimés par la personne.
Enfin, il rappelle qu’une existence digne ne devrait pas se résumer pas au travail ou à la production.
Vivre, c’est aussi apprendre, aimer, créer, croire ou ne pas croire, se divertir, se reposer, transmettre et disposer de temps pour soi.
Ce sixième et dernier chapitre élargit le projet au-delà de l’organisation intérieure de la société. Il pose une question simple : une société peut-elle se dire juste si elle construit son équilibre au détriment du vivant, d’autres populations ou des générations futures ?
Ce manifeste y traite d’abord de l’écologie et du vivant comme les limites physiques et morales au projet humain. La justice sociale ne devrait pas reposer sur l’épuisement des ressources, la destruction des écosystèmes ou le report des conséquences sur celles et ceux qui viendront après nous.
Ce chapitre examine ensuite les relations internationales, la possibilité d’une alliance fondée sur des exigences éthiques communes et l’immigration, avec la volonté de ne pas construire la prospérité intérieure sur l’exploitation ou l’injustice extérieure.
Enfin, il aborde le numérique, la recherche scientifique et la défense : utiliser la technologie et la connaissance au service du commun sans créer de nouvelles formes de domination, et inscrire la sécurité collective dans un horizon de désarmement progressif.
La justice proposée par ce manifeste ne s’arrête donc ni aux frontières, ni au présent, ni à la seule espèce humaine.
341 pages - Temps de lecture : environ 10 heures